"Manazuru" de Kawakami Hiromi

"La relation physique et la proximité sont deux choses différentes. Ce qui ne veut pas dire qu’on soit loin de l’autre pour autant. Mais qu’on ait ou non des rapports, il subsiste inévitablement une distance impossible à abolir." p.14

"Il m’arrive parfois de commencer à l’oublier, malgré l’intensité de certains souvenirs. La soudaineté de sa disparition a accentué la densité de ma mémoire. Et pourtant…" p.15

"Mon mari souhaitait-il mourir ?Ou bien a-t-il disparu parce qu’il voulait vivre ?" p.16

"J’ai appris que ressentiment et attachement ne sont pas contradictoires." p.22

"Cependant, le trouble revenait parfois. Ma bouche se mettait à trembler quand je prononçais son nom, comme un frisson d’eau." p.29

"Est-ce que tu lui en veux ?La réponse est venue sans se faire attendre. Oui, je lui en veux ! Oui, j’éprouve du ressentiment ! Seule je me posais la question, seule, j’y répondais. Le mot de ressentiment était-il trip fort ? Pas du tout, au contraire, il me semblait trop faible encore. J’en voulais à Rei. Je lui en voulais de sa disparition, dont j’ignorais la cause.

Oui j’éprouve de la rancune, mais ce n’est pas dans la forme, c’est quelque chose au plus profond de moi, mon être tout entier, le noyau de mon corps éprouve du ressentiment pour ce mari qui a disparu sans rien dire.En même temps que mon corps entier en veut à Rei, quelque chose au plus profond de moi le réclame. Quelque chose dont Seiji ne peut pas se rendre maître. Il faut que ce soit Rei. Ce n’est pas parce qu’il avait le rôle d’époux, c’est l’homme qu’il était qui pouvait seul s’en rendre maître.” p.31

"Rei avait disparu, je ne pouvais être nulle part. Je n’arrivais pas à trouver une direction pour guider le flot de mes sentiments. Tant que l’axe ne serait pas défini, je risquais de perdre jusqu’à l’idée même du lieu où je me trouvais." p.33

"Se revoir. Oui, nous retrouver. Ce mot a surgi. Retrouvailles. Depuis sa disparition, c’est un mot qui ne me vient presque plus à l’esprit." p.35

"Momo parait avoir beaucoup plus confiance en elle que moi. Confiance en la vie et en l’avenir. Cette assurance que donne l’ignorance de ce qui est en bas du précipice… […] Le monde de l’enfance connais peut-être tout de la vie. Je ne peux pas me rappeler. Ta mère est une idiote !" p.38

"Elle est la seule à pouvoir me faire mal de cette façon. Je suis sans défense. Imparable, la douleur pénètre dans un endroit tendre? La trace est indélébile. Devant Momo, je ne mets à nu que ma faiblesse." p.44

"Il paraît que si on arrive à voir en rêve ce qu’on a perdu, c’est le début de l’apaisement, l’indice d’une consolation possible […] à ce jour ne n’ai encore jamais rêvé de Rei." p.50-51

"La prochaine fois, on ira toutes les trois en voyage, dis-je en épiant ma mère. Son visage exprimait une tendre pitié. Pour elle, j’étais innocente et ignorante." p.59

"Nous prenons de l’âge à des moments différents. L’écoulement du temps n’est pas identique pour nous deux." p.60

"Avant de faire l’amour, je cherche toujours un peu à me dérober. Dans ma tête, dans mon corps, les deux. Tout simplement je ne veux pas m’y mettre l’espace d’un instant. […] Une fois que mon corps à touché le sien, toute envie de me dérober s’évanouit." p.61"Consciente des battements de mon cœur, mon attention se concentre sur le corps. La démarche, le rythme. La foule traverse le passage clouté à la même allure. Ça me met mal à l’aise." p.63

"Avec le temps, les traces de Rei disparaissent peu à peu. La veste, j’ai fini par la jeter il y a quelques années. Pourtant, il  reste encore des preuves que Rei a existé." p.73

"-Tu crois qu’un jour, nous nous séparerons, toi et moi ?-Quelle drôle de question ! dit Seiji. Tu as envie de me quitter ?

-Mais non, ce n’est pas ça. Simplement, je me suis rappelée…Seiji sait très bien qu’il ne s’agit pas de lui, ça signifie que je me suis souvenue de Rei. Je me trouve moi-même abjecte.

Seiji est tendre, il ne sait que dire des paroles douces. C’est pour cette raison que j’ai peur. Une peur que n’a rien à voir avec celle que m’inspirait Rei.” p.73

"Je ne savais pas que Rei tenait un journal. Quand je l’ai découvert, j’ai commencé par le lire soigneusement, en espérant y trouver des renseignent sur sa disparition. Les yeux me brulaient, tant était ardent mon désir de ne pas laisser échapper la moindre indication à propos d’une femme, d’une question d’argent.Sans rien pouvoir découvrir, je suis restée pendant quelques temps dans une sorte de torpeur. Non pas parce que je n’avais rien appris, mais parce que j’avais regardé à la dérobée dans la vie de Rei." p.75

"Moi qui n’avais pas été un seul instant effleurée par l’idée que mon mari était peut-être pour moi un inconnu, à peine avais-je pris connaissance de son journal qu’il était devenu un étranger. […] Ce n’était pas parce qu’il n’était plus là. C’était parce qu’en lisant son journal, j’avais vu avec ses yeux à lui les choses qui m’entouraient. […] à partir de ce moment, le simple fait de lire les lettre tracées sur son journal suffisait à me fendre le cœur. Je souffre. Je ne veux pas. Je le hais. Rei est différent de moi. Il a pris ses distances par rapport à moi. Mais je me dois de dire que je savais, j’étais consciente de cette barrière entre lui et moi. j’avais beau le savoir, n’empêche, l’apprendre de cette façon me stupéfiait. Comme quand on s’est écarté d’un mouvement brusque du feu auquel on s’était brûlé, le choc me laissait bouleversée." p.76"

KALEIDOSCOPE

This is my Lixow gallery :)

Reply to last august’s bullshit

Aries, the Spring’s first sigh, is all about pretentiousness.

And so you are, cinder of dream.

Le Souhait / The Wish

© Lunessiere

Le Songe / The Dream

Lecture de droite à gauche et de haut en bas.
Une jeune femme aux cheveux anarchiques et défaits vogue sur la nébuleuse du sommeil. Univers aquatique et électrique… Ici et là des incohérences volontaires dans les vagues capillaires. Légère décomposition et nervosité dans l’Air.
Elle seule détient le secret de l’histoire.

© Lunessiere

© Lunessiere

 

Dire

De nombreuses paroles se sont perdues dans l’immensité de la toile. Me revoilà active…

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Wait for sleep - Dream Theater

Don’t try to make me feel guilty

Culpabiliser, verbe transitif:
Rendre coupable, donner un sentiment de culpabilité à quelqu’un.
English: To make somebody feel guilty.

Photo-shoot Barbie 12.23.2009

Photo-shoot Barbie 12.23.2009

Photo-shoot Barbie 12.23.2009

Photo-shoot Barbie 12.23.2009